Gestion des ressources naturelles et transhumance : Sidy Touré engage le gouvernement pour des actions concrètes dans le Bounkani et le Tchologo
À Ferkessédougou, le ministère des Ressources animales et halieutiques et l’Organisation internationale pour les migrations (Organisation internationale pour les migrations) ont réuni autorités administratives, collectivités territoriales, partenaires techniques et acteurs locaux autour d’un atelier de restitution de trois études stratégiques consacrées à la résilience communautaire et à la gestion des ressources naturelles dans les régions du Bounkani et du Tchologo.
Présidant l’ouverture des travaux, vendredi 15 mai 2026, le ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidy Tiémoko Touré, a salué l’engagement constant de l’OIM aux côtés de la Côte d’Ivoire ainsi que l’appui financier du gouvernement japonais, qui a permis la réalisation de ce projet structurant.
Le ministre a rappelé que les régions du nord ivoirien font face à des défis sécuritaires, climatiques et sociaux de plus en plus complexes. Selon lui, l’insécurité sous-régionale liée à la crise au Burkina Faso, l’afflux de demandeurs d’asile, la pression sur les terres agricoles et pastorales, ainsi que la raréfaction des ressources hydriques accentuent la vulnérabilité des populations locales.
« Si ces facteurs ne sont pas anticipés et maîtrisés, ils risquent d’alimenter les tensions et de compromettre durablement les efforts de développement et la cohésion sociale », a-t-il averti.
Les études présentées portent notamment sur la cartographie et la modélisation des eaux souterraines, la cartographie des ressources agropastorales et des flux de bétail, ainsi que l’analyse des risques et catastrophes naturelles. Ces travaux visent à fournir des données fiables pour améliorer la gestion de la mobilité pastorale, orienter les investissements dans les infrastructures hydriques et prévenir les conflits liés à l’exploitation des ressources naturelles.
Le représentant résident de l’OIM en Côte d’Ivoire, Jean Philippe Ahoua, a, pour sa part, souligné que la mobilité pastorale ne doit pas être perçue uniquement comme un défi sécuritaire, mais aussi comme une réalité économique et sociale qu’il convient de mieux organiser. Il a insisté sur la nécessité de promouvoir une transhumance mieux encadrée, fondée sur les données, la concertation et la planification territoriale.
Les premières conclusions des études révèlent une pression croissante sur les parcours pastoraux, un chevauchement accru entre activités agricoles et pastorales ainsi qu’une insuffisance d’infrastructures adaptées dans certaines zones sensibles. Elles mettent également en évidence la nécessité d’améliorer la gestion et la maintenance des ouvrages hydrauliques existants.
Pour Sidy Tiémoko Touré, l’enjeu désormais est de transformer les résultats obtenus en actions concrètes au bénéfice des populations. Il a appelé à une mobilisation renforcée des partenaires techniques et financiers, des collectivités territoriales et des communautés locales afin de mettre en œuvre des solutions durables en matière d’aménagements pastoraux, de prévention des conflits et de gestion concertée des ressources naturelles.
Le ministre a enfin insisté sur l’importance d’une appropriation locale des résultats des études, estimant qu’aucune stratégie de résilience ne peut réussir sans l’implication directe des communautés concernées.
L’atelier de Ferkessédougou marque ainsi une nouvelle étape dans la volonté du gouvernement ivoirien de renforcer la gouvernance pastorale et de promouvoir un développement territorial plus résilient dans les régions du nord du pays.
Emile Zega


