Affaire des suspicions de détournement de 736 millions de francs à l’OCPV : Le SYNA-OCPV prépare sa riposte et annonce une conférence de presse pour éclairer l’opinion
L’affaire des supposés détournements de 736 millions de francs CFA au sein de l’Office d’Aide à la Commercialisation des Produits Vivriers (OCPV) continue de faire grand bruit. Après la conférence de presse tenue le jeudi 7 octobre par le Directeur Général de l’institution, le Syndicat National des Agents de l’OCPV (SYNA-OCPV) annonce à son tour une rencontre avec la presse pour, selon ses responsables, « rétablir les faits et éclairer l’opinion publique ».
Joint par L’Essor Ivoirien, le Secrétaire Général du SYNA-OCPV, a confirmé la tenue prochaine de cette conférence. « Elle aura lieu le jeudi 16 octobre, dans un lieu qui reste à préciser », a-t-il indiqué, précisant que cette initiative « n’a pas pour but de créer la polémique, mais d’apporter des clarifications nécessaires dans l’intérêt de la vérité et de la transparence ».
Selon le syndicaliste, les déclarations récentes du Directeur Général soulèvent de graves interrogations quant à la gestion des fonds destinés au personnel. « Le Directeur a reconnu avoir transféré sur le compte de la mutuelle – un compte privé – des accessoires de salaires, c’est-à-dire des fonds publics légalement affectés à la rémunération des agents. Cette pratique n’est autorisée par aucun texte en vigueur. S’il en existait un, il l’aurait cité », a martelé le camarade Amani, avant d’appeler le Premier ministre à intervenir pour exiger le remboursement immédiat des sommes concernées.
Le syndicat demande également que les enquêtes se concentrent désormais sur les 243 millions de francs que le Directeur aurait déposés, le 14 février 2025, sur le compte de la mutuelle, ainsi que sur la prime exceptionnelle d’incitation dont des preuves de reversement auraient été transmises aux autorités.
Le Secrétaire Général du SYNA-OCPV a par ailleurs dénoncé une gestion interne qu’il juge « défavorable à l’épanouissement social des agents ». « Aujourd’hui, beaucoup de travailleurs ne pensent qu’à quitter l’OCPV. Pourtant, les rapports annuels de la direction reconnaissent la qualité du travail fourni par le personnel. Comment alors justifier les prélèvements opérés sur leurs accessoires de salaires ? », s’est-il interrogé.
M. Amani s’est également insurgé contre « l’absence de transparence sur l’utilisation des ressources propres et des fonds issus des Autorisations Préalables à l’Exportation », appelant à des explications claires sur leur destination réelle.
Avant de clore son propos, le leader syndical a tenu à remercier l’ensemble des travailleurs de l’OCPV « pour leur solidarité et leur refus, à plus de 75 %, de signer une pétition visant à fragiliser le syndicat ». Il a aussi exprimé sa gratitude au gouvernement « pour les efforts constants en faveur de l’amélioration des conditions de vie des travailleurs ».
Le rendez-vous du 14 octobre s’annonce donc déterminant. Dans un contexte où la transparence et la bonne gouvernance sont plus que jamais au centre des attentes, la conférence du SYNA-OCPV devrait apporter de nouveaux éclairages sur cette affaire qui continue de secouer l’OCPV.
Pour rappel, le Directeur général de l’OCPV, Bernard Adou, a tenu une conférence de presse le 9 octobre 2025 pour répondre aux accusations de détournement de 736 millions de francs CFA portées contre lui.
Il a rejeté catégoriquement ces accusations, les qualifiant de « règlement de comptes syndical ». Nommé en 2017, M. Adou a rappelé avoir hérité d’une institution marquée par des tensions sociales et un fort absentéisme. Pour améliorer la situation, il a mis en place un système de primes validé par les ministères du Commerce, du Budget et des Finances.
Ce système comprenait une indemnité générale et une prime d’incitation basée sur la performance et l’assiduité. Certains agents ont contesté cette réforme et ont saisi le Conseil d’État, qui a rejeté leur recours le 30 avril 2025. Après cette décision, le syndicat a accusé M. Adou de détournement présumé de fonds. Le directeur a précisé que le montant réel versé à la mutuelle des agents est de 267,5 millions de francs CFA, et non 736 millions. Il a affirmé ne pas être signataire du compte de la mutuelle et a insisté sur la traçabilité des opérations. Bernard Adou a conclu en dénonçant une campagne de déstabilisation et en réaffirmant la transparence de sa gestion.
N. Venance


