Crise à l’OCPV : Pressions, sanctions ciblées et manipulation des agents pour étouffer les dénonciations syndicales ?
L’ambiance est de plus en plus tendue à l’Office d’Aide à la Commercialisation des Produits Vivriers (OCPV). Depuis les récentes dénonciations du Syndicat National des Agents de l’OCPV (SYNA-OCPV) adressées au Premier Ministre, l’institution semble être secouée par une vague de représailles orchestrées par la Direction Générale. À la tête de cette tourmente, le Directeur Général, GNENYE Adou Bernard, dont les méthodes de gestion suscitent aujourd’hui de vives inquiétudes.
Des révocations ciblées sans explication officielle
Le mardi 30 septembre dernier, deux hauts responsables de l’OCPV, pourtant réputés proches du Directeur Général, ont été brutalement débarqués de leurs fonctions : Le Sous-Directeur des Ressources Humaines, et le Chef d’Antenne Régionale à Abengourou. Fait troublant, leur révocation leur a été signifiée simplement par email, sans la moindre note officielle publiée.
Cette décision, prise sans explication, intervient peu de temps après les courriers du SYNA-OCPV sollicitant l’ouverture d’une enquête sur des suspicions de détournement de fonds au sein de l’institution. Le lien entre ces dénonciations et les sanctions infligées à ces cadres semble difficile à ignorer.
Une tentative maladroite de riposte : une pétition sous pression
Face aux accusations portées par le syndicat, un membre influent de la direction a tenté une contre-offensive en appelant les agents, via un groupe WhatsApp interne, à rédiger un droit de réponse collectif pour soutenir la Direction Générale. Ce « droit de réponse », adressé au Premier Ministre, a été présenté dans certaines antennes régionales sous forme de pétition, que les agents ont été invités à signer.
Mais là où la démarche devient préoccupante, c’est que plusieurs agents ont signalé au Bureau Exécutif du SYNA-OCPV avoir été soumis à des pressions pour apposer leur signature. Il s’agirait, selon leurs propos, d’un climat de contrainte destiné à gonfler artificiellement le soutien supposé au Directeur Général.
La publication, à la veille de cette opération, d’une série de nominations internes laisse d’ailleurs penser à une manœuvre destinée à inciter les nouveaux promus à signer ce texte de soutien, sous peine de représailles implicites. Une méthode jugée autoritaire et contraire aux principes de liberté d’opinion et d’expression dans la fonction publique.
Une réponse officielle qui élude les véritables préoccupations
Dans son droit de réponse au Premier Ministre, la Direction Générale de l’OCPV se défend avec vigueur : elle nie tout acte de détournement, mettant en avant le respect des procédures financières et une décision du Conseil d’État déclarant une requête syndicale « irrecevable ». Elle dresse également un bilan élogieux de la gestion de GNENYE Adou Bernard : augmentation des effectifs, croissance du budget, modernisation de l’équipement.
Mais plutôt que d’apporter des éclaircissements sur les points précis soulevés par le syndicat, ce droit de réponse s’engage dans une attaque personnelle contre le Secrétaire Général du SYNA-OCPV. Le texte tente de discréditer ce dernier en évoquant une affaire passée, des sanctions disciplinaires et une suspension de salaire. Une diversion maladroite qui semble davantage viser à décrédibiliser l’auteur des dénonciations qu’à rassurer sur la transparence de la gestion.
Un appel à la transparence et à la fin de l’intimidation
Pour le SYNA-OCPV, la stratégie du Directeur Général vise clairement à étouffer les voix critiques, à travers des sanctions ciblées et des actions visant à manipuler l’opinion interne. L’organisation syndicale appelle le Premier Ministre à ne pas se laisser abuser par cette mise en scène, et à ouvrir une enquête indépendante pour faire la lumière sur la gestion des fonds de l’OCPV et les conditions de travail de ses agents.
Dans un contexte national où la transparence et la bonne gouvernance sont érigées en priorités, de telles pratiques – si elles sont avérées – entacheraient gravement l’image de l’OCPV et porteraient atteinte à la confiance des agents et de l’opinion publique.
Le SYNA-OCPV réitère sa volonté de défendre les droits des agents et de faire toute la lumière sur cette affaire, dans le respect de l’État de droit et des institutions républicaines.
Batèh K.


