10ᵉ Semaine nationale de la Propreté : Amédé Koffi Kouakou appelle à un sursaut citoyen pour une Côte d’Ivoire plus propre
À quelques jours de la célébration de la 10ᵉ édition de la Semaine nationale de la Propreté (SNP), le ministre de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité, Dr Amédé Koffi Kouakou, a lancé un vibrant appel à la responsabilité collective. Lors d’une conférence de presse animée ce jeudi 30 juillet 2026, à Abidjan, le ministre a insisté sur la nécessité d’un changement durable des comportements afin de préserver le cadre de vie des populations et de protéger les importants investissements réalisés par l’État dans les infrastructures d’assainissement.
Face aux journalistes, le ministre a rappelé que la salubrité ne relève pas uniquement de la responsabilité des pouvoirs publics, mais constitue avant tout un devoir citoyen. « La propreté commence devant chez soi. L’État peut assurer la collecte des déchets, mais il appartient à chaque citoyen de les rassembler correctement et de ne pas les jeter dans les caniveaux ou les espaces publics », a-t-il déclaré.

Pour illustrer l’ampleur du défi, Dr Amédé Koffi Kouakou a révélé que la Côte d’Ivoire produit quotidiennement entre 24 000 et 25 000 tonnes de déchets ménagers.
Selon lui, une seule journée sans collecte suffit à créer une situation critique pour les populations, d’où la nécessité d’une mobilisation permanente des services publics mais également d’un engagement responsable des citoyens.
Le ministre a dénoncé certaines pratiques qui compromettent les efforts de l’État, notamment le rejet anarchique des ordures dans les caniveaux et les raccordements illicites des eaux usées aux réseaux d’évacuation des eaux pluviales. « En polluant votre propre quartier, vous créez vous-mêmes les conditions favorables aux maladies et aux inondations », a-t-il averti.
Mettre fin aux mauvaises habitudes
Le ministre a particulièrement pointé du doigt les comportements observés dans plusieurs quartiers, où certains riverains ou commerçants continuent de déverser leurs déchets dans les ouvrages d’assainissement.
Pour lui, ces actes contribuent directement à l’obstruction des caniveaux, aggravent les inondations pendant les pluies et entraînent des coûts supplémentaires pour la collectivité.
« Nous ne pouvons pas accepter que des infrastructures réalisées à coups de milliards de francs CFA deviennent des dépotoirs sauvages », a-t-il insisté.
Dr Amédé Koffi Kouakou a également rappelé que dans les quartiers non lotis, les habitations doivent être équipées de fosses septiques conformes, les propriétaires étant invités à recourir aux services de vidange agréés plutôt qu’à pratiquer des raccordements clandestins.
Une administration qui privilégie la sensibilisation
Le ministre a souligné que la sensibilisation demeure la stratégie privilégiée du Gouvernement.
« La répression n’est pas notre premier choix. Nous voulons d’abord convaincre, dialoguer et faire évoluer les comportements. La sanction n’intervient qu’en dernier recours », a-t-il expliqué.
Il a appelé les médias, les organisations communautaires, les associations de quartier ainsi que les acteurs des réseaux sociaux à devenir des relais permanents de cette campagne nationale.
Des comités citoyens au cœur de la 10ᵉ édition
Présentant le déroulement de la Journée nationale de la Salubrité, le ministre a annoncé que la cérémonie officielle débutera, dimanche 2 aout à 11 heures avant une série de visites de terrain dans plusieurs sous-quartiers.
Contrairement aux éditions précédentes, il ne s’agira pas uniquement d’un geste symbolique. Le ministre entend mettre en valeur les comités locaux de salubrité, composés de citoyens qui se mobilisent régulièrement pour nettoyer eux-mêmes leur environnement.
Pendant près de trente minutes dans chacun des quatre sous-quartiers retenus, la délégation gouvernementale échangera avec ces bénévoles afin d’évaluer leurs actions et d’encourager cette dynamique communautaire.
Renforcer les moyens de collecte
Abordant la question de la logistique, Dr Amédé Koffi Kouakou a reconnu que les entreprises concessionnaires chargées de la collecte des déchets connaissent actuellement des difficultés opérationnelles. Selon lui, le taux de disponibilité des équipements varie entre 50 % et 70 %, limitant les capacités d’intervention.
Afin d’améliorer le dispositif, des moyens supplémentaires seront mobilisés pour renforcer les opérations de collecte dans les différentes communes concernées.
Préserver les investissements de l’État
Le ministre a enfin rappelé que le Président de la République a engagé d’importants investissements dans les infrastructures routières et d’assainissement.
Il a estimé que ces réalisations ne produiront pleinement leurs effets que si elles sont accompagnées d’un véritable changement des comportements. « Notre village doit être propre, notre quartier doit être propre, notre commune doit être propre. C’est ensemble que nous réussirons à bâtir une Côte d’Ivoire plus saine », a-t-il conclu.
Emile Z.